08 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

Regardons-nous

Regardons-nous dans Craquage

L’homme, être social, intrinsèquement irrationnel. Oui, mais n’avons-nous pas le devoir de regarder la machine sociale, d’apprendre à la comprendre, pour nous comprendre nous-même et dans le même temps reprendre un peu de liberté ?

Ce texte n’a pas pour but d’essayer devenir plus « rationnel » (même si la démarche l’est), mais bien de comprendre notre irrationalité pour être plus tolérant, moins « polarisé », voire de pouvoir se recentrer sur des choses plus importantes.
Le but, de voir et connaître ces chaines, permet parfois d’essayer de s’en détacher, certes, mais la plupart du temps, elle permet surtout d’arriver à faire avec, pour le mieux. Autrement dit, être libre, c’est aussi connaître ces chaines. Et si vous permettez cette extension un peu bancale, de mieux vivre ensemble grâce à cela (voir citation ci-dessous).
citation-nelson-mandela-31520 dans Philosophie

Pour moi, un des symptômes les plus criants et la multiplication des idéologies, malgré la diminution de celle des religions, revient une forme de fondamentaliste envers toutes sortes de croyances, à commencer par toutes les théories complotistes, ou des soins miraculeux et pourquoi pas la cause vegan (qui a son lot de fanatique), mais c’est aussi malheureusement vrai pour les politiques (On le voit bien chez les démocrates et républicains), chez les écologistes, les insels… etc
Les Etats-Unis sont un peu le reflet de notre civilisation, au lieu de se moquer, regardons-nous !

Bref, nous sommes des moutons, et nous avons une tendance générale à ne plus réfléchir et à subir les bassesses de nos biais les plus élémentaires.

Et même si l’histoire nous rappelle que l’on est des cons (Voir croisade, nazisme, communisme, et la plupart des guerres pour la liberté (Irak ? ^^))
On est en train de remettre (continuer) ça. Ne plus regarder, et du coup subir.

Mais que faudrait-il (selon moi bien entendu) ? Je pense que remettre un peu de factuelle est nécessaire avant toute discussion méta-machin-chose.

citation-gandhi-30844 dans Politique

Apprendre à faire la différence entre une opinion et un fait est à la base de toute discussion cohérente. (Chose qui n’est pas acquis pour la majorité d’entre nous. Et qui explique la difficulté à parler de politique, ou d’autre chose; à table en famille ou ailleurs d’ailleurs…)
Et on nous apprend depuis le plus jeune âge même à se tromper : « La maîtresse là dit », « Papa à dit », donc c’est vrai ? Et même si les adultes ne croient plus au Père noël… Ils n’ont, bien souvent, pas retenu la leçon.
L’argument d’autorité est peut-être une opinion relativement sérieuse, mais ça restera une opinion, sans rien pour l’étoffer. Et nous apprenons pourtant à le prendre pour un fait. « Tu me crois pas ? Wouesh »
Apprendre à objectiver une opinion : Elle se base sur quoi ? Si quelqu’un dit Je pense que ceci car 2+2=4 et 12435294+1379594=13815888. Effectivement, le 2ème calcul est faux, objectivement. et donc, apprendre à ne pas accepter des prémisses par principe (ou parce que l’on ne comprend pas, ou parce que c’est trop compliqué.

Apprendre à comprendre le lien entre la prémisse et la conclusion. Ex: Je donne de l’homéopathie à mon cheval malade, mon cheval n’est plus malade, donc ça marche, donc l’homéopathie marche. Faux, même en acceptant les prémisses (que tu donnes vraiment que de l’homéopathie et que ton cheval n’est plus malade, la conclusion n’est pas vrai pour autant : voir Post hoc ergo propter hoc. Peut-être est-ce une guérison spontané (comme la guérison d’un rhume) ou un effet placebo)
« tous les chats sont mortels. Socrates est mortels. Donc Socrates est un chat » Autre paralogisme. (qui feint un syllogisme)

Cela parait stupide ? Mais le nombre d’argument qui ne respecte pas cette règle est fou quand on y prête vraiment attention.

Apprendre aussi, que parler d’une opinion sans l’objectivé n’a plus la même valeur. (Sans la démonstration, même si vous l’aviez comprise une fois, vous n’avez plus la capacité de défendre votre opinion, alors fermez là ou prévenez que vous ne savez plus pourquoi, tout simplement.)
« Il me semble que le grand prêtre à ressusciter mais je sais plus le pourquoi du comment, je comprends que tu ne me crois pas, je me renseignerais pour te convaincre la prochaine fois » plutôt que « Le grand prêtre à ressusciter, quoi, tu savais même pas ? Heureusement que je suis là pour t’apporter la bonne parole. Tu me crois pas ? Brûle, impie ! »

(La 2ème rhétorique semble folle ? Vous l’avez (surement) TOUS déjà utilisé, moi le premier (Surtout quand je n’ai pas envie de m’expliquer => Trust me bastard.). Et c’est la rhétorique la plus utilisé. Et quand on utilise l’autre, on est traité de lâche ou de perdant bien plus facilement (Cedric Villani, souvent traité de fuir devant les questions quand il dit ne pas avoir travaillé suffisamment le sujet pour répondre))

Donc si vous n’êtes pas capable de défendre votre opinion par autre chose que d’autres opinions, la seule personne contre qui vous devriez vous énerver, c’est vous. (et aussi en profiter pour vous demander en quoi vous croyez et pourquoi vous y croyez.)

Aussi prendre conscience qu’une opinion ne devrait pas être gravé dans le marbre. De tout nouvel élément, devrait remettre en question sa « croyance ».

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Comprendre qu’il y a des éléments uniquement à but de communication, apprendre à les reconnaître permet de gagner pas mal de temps (risque d’avoir un intérêt inutiles sur vos propres opinions voir de vous induire en erreur le temps de vous remettre en question)
Ces quelques notions vous aiderons à passer de bonne fête en vous faisant insulter par tous les connards qui défendent des opinions comme on défendrait l’existence d’un monstre de spaghetti volant, et qui ne supportent pas qu’on leur fasse remarquer qu’entre eux et les nazis, c’est juste l’idéologie qui change, et que si les nazis avaient un peu plus douté de leurs conneries, on n’en serait pas là !
Point Godwin pour finir me paraissait indispensable ^^

« La sagesse populaire, on connaît. C’est elle qui a élu Hitler en 33″ Desproges

 


Ceci n’était que l’introduction de mon propos enfaîte :

Maintenant regardons notre démocratie. Que voyez-vous ? Moi, je vois que la force de nos dirigeants est à la hauteur de notre capacité à penser (voir texte au-dessus).
Je vois que quand les franges élitistes contrôlent, elles ne répondent pas à la nécessité d’un peuple mais de sa propre survit (qui est de rester au contrôle, parfois en donnant au peuple ce qu’il demande, parfois en se donnant plus de privilège, parfois en utilisant les mots les plus vagues pour toucher une maximum de monde… etc)
Hors, c’est là qu’est le problème…
Soit une minorité qui se dit peuple (voir grêve) alors c’est bien une oligarchie qui répond à une autre pression minoritaire. Dictature de la minorité. (Et en même temps, c’est important que les minorités puissent faire entendre leurs voix)
Soit le peuple demande (bien qu’il ne le fait que rarement), mais sous la pression de lobbies ? Sous l’illusion que c’est bon pour elle ? Bien souvent sous l’impulsion de la peur ou de la colère, non ? => Et dans la plupart des cas c’est pour mettre à la place un régime bien plus autoritaire et souvent pas plus (moins) respectueux de ces intérêts.

J’en viens au point suivant : La démocratie ne peut exister que par l’émancipation des masses. Le populisme n’est qu’une autre forme de dictature arbitraire basé comme toutes les dictatures sur la peur et la colère. Il est temps d’en finir avec la magie si l’on veut évoluer. Le peuple ne peut rien. Le peuple n’est qu’une arme de communication (comme plein d’autres), et personne ne devrait pouvoir se dire porte-parole du peuple.
Ca nous permettra aussi de comprendre que le peuple est une fiction.
Nous sommes une somme d’individualité, personne ne devrait parler pour « nous » tous. C’est à chacun d’entre nous de parler (et ça passe par penser par soi-même, et dieu sait que c’est dure s’il existe sous une forme ou il est omniscient ou simplement sage.)

Et tout cela pour finir par un point crucial. La politique c’est voté pour des idées (dont on essaye de peser le pour et le contre), ce n’est pas voté (ou se mobiliser) contre.
L’idée de galvaniser les foules pour battre l’extrême droite parce qu’elle sera mauvaise n’a pas de sens. On vote pour le « moins pire » = « le meilleur », c’est toujours une confrontation entre (minimum) 2 politiques…
Ce battre « contre un président » n’a pas de sens non plus. Il faut avoir une politique de rechange, et si c’est se battre « contre un président » dans le but d’imposer par derrière sa politique, ça ne peut pas être productif. (Chacun se tire dans les pattes plutôt que de trouver des solutions)
L’idée d’aller dans la rue contre une politique est destructeur, chaotique. C’est un combat sans but, qui n’a pour but que de rassembler les mécontents sans tenter d’apporter de réponse.
Il faut y aller pour une autre politique (ou pour un idéal) ou pour une revendication. (Au moins, que la revendication soit prise en compte ou pas, on pourra toujours tenter de peser le pour et le contre. Ca fait vivre le débat = la démocratie.)
La vraie victoire, ce n’est pas celle des urnes mais celle des idées. Quand une idée « gagne »(typiquement la défense du climat), elle s’introduit partout (plus ou moins, mais un minimum).
Si une idée est importante pour 100% de la population, 100% des politiques auront des propositions pour ce problèmes (différentes et de différentes importances, mais c’est le jeu.)
C’est ce que j’appellerai la politique du pour (Pour une idée).

Mais la démocratie, est surtout élire une politique qui sera une volonté d’une minorité (Car si chacun à sa propre politique, si on élit quand même 1 personne, 100% des autres auraient préférer une politique différente).
Bref dans le vivre ensemble, il faut savoir éviter mobilisation « contre » car comme décrier, je pense que c’est une erreur majeure de raisonnement politique, et l’avènement d’une politique du « contre » qui rassemble. (Attention je ne parle pas de minorité qui font valoir des droits ^^)

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Petit apparté : Ex de slogan faisant appel assez explicitement à la politique du « contre » :
« Le changement c’est maintenant » Hollande, « Make america great again » Trump (sous-entendu qu’elle ne l’est plus à cause du camp adverse), mais aussi « En marche » Macron (sous-entendu que les autres politiques sont de l’arrêt), « Je vote il dégage » Mélenchon, « pour que ça change fort » Royal, « La relève » « Le changement » Bayrou, « Le président du vrai changement » 1995 Jospin
Et si je parle pas des slogans nationalistes, C’est parce qu’il se basent des idées qui ont les mêmes bases mais qui mériterait des éditos, dont toute la « bien-pensance » dont moi, parle à longueur de temps : l’ordre (sous-entendu que les autres politiques sont faibles ou inutiles, idem que les autres mais avec des bases autoritarismes qui méritent discussion d’ordre moral. La caricature : Une dictature à plus de force, est-ce pourtant bien raisonnable ?) et des illusions qui sont lié à l’identité, être Français et faire partie du peuple
= Contre les non-français (suffisamment large pour dire presque tout le monde (même le blanc chrétien dont la famille est née depuis 10 génération en France mais qui ne vote pas à droite (donc n’aime pas la france) à seulement les futurs générations d’immigré dont on ne veut pas de mal pour autant) et les élites = Il faut entendre le pouvoir en général (Politique, Fric, Culture et ceux qui les protègent, les manipulés) (Même argument que le « contre », version lutte des classes)
Bref, évidement l’extrême droite en abuse mais je voulais un propos généraliste.
Donc n’oubliez pas que ce que je voulais dire ici, c’est surtout que les autres utilises les mêmes armes aussi, et pourquoi ? (Vous avez la réponse si vous suivez le court de ma pensée)
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« Toutes les formes de fascisme m’ennuient. Tous les gens pratiquants m’ennuient, me font peur surtout. Les gens qui croient, qui sont derrière un drapeau. J’ai un peu peur, parce qu’il faut élaguer pour arriver sur la montagne où on va planter son drapeau. Ca date des croisades mais ça continue avec Le Pen et Gorbatchev, c’est évident… »

Desproges. La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute

 

Avant de conclure, je vous cite et commente, une phrase d’un article sur Marianne :
« la noblesse de la politique consiste aussi à savoir assumer l’impopularité au nom de l’intérêt général et à faire évoluer l’opinion publique, parfois en l’affrontant ;  la démocratie directe, c’est le triomphe de l’émotionnel et du préjugé sur la raison, celui du simplisme sur la complexité du réel ; avec elle, jamais des mesures aussi impopulaires, à l’époque où elles ont été imposées, telles que la scolarité obligatoire, la loi sur la laïcité de 1905 ou l’abolition de la peine de mort n’auraient pu voir le jour en France, du moins lorsqu’ elles ont heureusement été promulguées. »
Savoir gérer l’émotion du peuple, ne pas galvaniser cette émotion pour s’en servir, ne pas chercher systématiquement un référendum, un sondage d’opinion, ne pas appeler à une gréve ou au blocage au moindre coup de colère, tout cela est contre productif, et c’est aussi ça, la démocratie (d’aujourd’hui) mais cette démocratie, tellement imparfaite, décrite ici, existera tant que l’on sera ce que l’on est. (Des gros con, avouons le nous quand même)

 

En conclusion :

A cause de nous et que l’on est sensible à ces armes, ça marche ! Ca mobilise, ça endoctrine, et ça crée du militant (objet vivant qui propage la bonne parole). Nous sommes des pièces d’un organisme publicitaire géant. (Pourquoi la publicité est partout ? Parce que ça marche.)
Et moi, je milite pour le parti du doute et de la liberté de pensé, celui de choisir en essayant de passer à travers toutes les conneries qu’on nous rabâche (voir ci-dessus, pas besoin de sur-interpréter), et la vrai révolution, ce n’est pas une énième minorité qui renversera encore le pouvoir, mais bien une grande majorité qui s’en libérera. Alors nos politiques n’auront d’autres choix que d’arrêter de dire/faire de la merde, et les militants de nous convaincre vraiment (avec des arguments toussa toussa, sans triché.)
Si la politique, c’est autant de la merde, c’est principalement à cause de notre capacité de penser (Qui est bien merdique de mon point de vue, soit dit en passant)

Je finirais par cette énième citation de Desproges :

« Je manifeste toujours tout seul.
Au reste mes idées sont trop originales pour susciter l’adhésion des masses bêlantes ataviquement acquises aux promiscuités transpirantes et braillardes inhérentes à la vulgarité du régime démocratique imposé chez nous depuis deux siècles par la canaille régicide. » Desproges

 

PS : Je me défend par avance, je ne pense pas qu’être plus libre, plus critique, ça veut dire faire de meilleur choix. Je ne pense pas que mes choix politique sont meilleur grâce à une tentative d’émancipation. Je pense en revanche, que la politique, elle, sera meilleur et nous aidera à faire de meilleur choix sur elle, si on s’émancipe de toutes ces conneries. (En entendant moins de merde, et en entendant plus d’argumentaire, plus solide, et d’opinion moins prophétique, plus soutenu, moins démagogique.)
En somme, l’idée semble marché dans un point de vue globale sur le long terme. Mais à court terme, dire objectivement que Poire à lavement est mieux que Sandwich au caca semble bien présomptueux.

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